Hausse de 60 % : ce chiffre, autrefois réservé à quelques stations balnéaires de prestige, s’étend aujourd’hui à des communes de Gironde dont on ignorait encore l’existence sur la carte des surtaxes. Depuis 2024, la géographie fiscale change de visage. De nombreux propriétaires l’apprennent à leurs dépens : la surtaxe sur les résidences secondaires ne s’adresse plus seulement à ceux qui profitent des plages en été, elle cible aussi les villages discrets de l’arrière-pays.
Le choix d’appliquer cette majoration échappe parfois à toute logique évidente. Entre critères démographiques, rareté du foncier et stratégies municipales, le puzzle reste opaque. Certains découvrent un supplément d’impôt sans avoir rien vu venir, tandis qu’à quelques kilomètres, des communes très cotées échappent encore à la mesure.
Pourquoi la surtaxe sur les résidences secondaires suscite autant de questions en Gironde
La surtaxe sur les résidences secondaires ne laisse personne indifférent : ici, la question dépasse le simple débat fiscal pour toucher à la cohésion des territoires. Officiellement, cette hausse de la taxe d’habitation vise à combattre la pénurie de logements dans les secteurs dits « tendus ». Mais sur le terrain, les intentions du gouvernement et le cadre de la loi de finances se heurtent à la diversité des situations locales.
Les élus défendent la mesure au nom de l’accès au logement pour les résidents permanents. Pourtant, le sentiment d’injustice s’installe. Des quartiers calmes subissent la surtaxe alors même qu’ils connaissent peu la flambée des prix, alors que des stations balnéaires très recherchées y échappent encore. D’une commune à l’autre, la fiscalité fluctue, parfois au gré de débats tendus en conseil municipal.
D’où viennent ces différences ? Chaque année, la liste des communes concernées évolue en fonction de critères techniques : tension du marché, taux de logements vacants, évolution de la population. Mais le projet de loi de finances laisse une grande marge d’appréciation aux collectivités. Beaucoup de propriétaires, souvent éloignés des processus de consultation, découvrent la hausse au moment de payer la taxe.
Voici ce que cela implique concrètement :
- La taxe d’habitation sur la résidence secondaire peut grimper jusqu’à 60 % de majoration.
- Chaque année, de nouvelles communes girondines viennent s’ajouter à la liste.
- La stratégie est pilotée au niveau national, mais ses conséquences se jouent à l’échelle de chaque territoire.
Décidée à Paris, la hausse des impôts sur les résidences secondaires s’invite dans les discussions municipales, de la côte atlantique aux bourgs de l’arrière-pays. Reste la question de l’efficacité de la mesure : permet-elle vraiment de libérer des logements, ou ne fait-elle que peser un peu plus sur les propriétaires de résidences secondaires ?
Quelles communes girondines ciblent réellement les propriétaires de résidences secondaires ?
Contrairement à une idée bien ancrée, Bordeaux ne pratique pas la surtaxe. La métropole mise sur d’autres leviers pour soutenir l’offre locative. Sur le littoral, c’est une autre histoire : du Cap Ferret à Lacanau, la surtaxe sur les résidences secondaires s’applique sans détour. Arcachon, symbole d’un marché sous tension, a relevé ses taux pour tenter d’endiguer la spéculation et permettre aux locaux de se loger.
Les communes concernées font toutes le même constat : trop de logements vides hors saison, trop peu disponibles pour ceux qui vivent et travaillent sur place. La loi leur donne la possibilité d’alourdir la facture jusqu’à 60 % en plus sur la taxe d’habitation des résidences secondaires. Ce choix est déjà effectif à La Teste-de-Buch, Andernos-les-Bains ou Lège-Cap-Ferret.
Quelques exemples marquants :
- Arcachon : la surtaxe atteint le plafond légal depuis 2023.
- Lège-Cap-Ferret : la hausse a été décidée en conseil municipal, avec une application progressive.
- La Teste-de-Buch : taux maximal adopté pour répondre à la pression sur le marché locatif.
L’arrière-pays, lui, avance avec prudence. Certaines petites communes hésitent à durcir la fiscalité, conscientes du fragile équilibre entre résidents à l’année et propriétaires secondaires. Les décisions s’arbitrent entre les besoins des travailleurs locaux et l’influence du marché immobilier.
Investir en connaissance de cause : comment la surtaxe impacte votre projet immobilier
Acquérir une résidence secondaire en Gironde ne se limite plus à un calcul classique de rentabilité ou à la recherche d’un pied-à-terre. Le jeu a changé : les surtaxes appliquées par certaines communes peuvent faire basculer l’équilibre économique d’un projet. Aujourd’hui, la fiscalité immobilière mérite autant d’attention que le prix d’achat ou les conditions bancaires.
Pour un investisseur immobilier propriétaire, anticiper ce surcoût devient indispensable. À Arcachon, la surtaxe atteint le plafond autorisé, ce qui se traduit par plusieurs milliers d’euros en plus chaque année sur la taxe d’habitation résidences secondaires. À cela s’ajoutent parfois l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) et des revenus locatifs saisonniers qui varient d’une année à l’autre.
Voici quelques paramètres à ne pas négliger lors d’un achat destiné à la location :
- Le choix entre location meublée non professionnelle (LMNP) au régime réel ou au micro BIC modifie la fiscalité globale.
- Recourir au statut de bailleur privé ou à des dispositifs d’optimisation fiscale peut atténuer le choc, mais la surtaxe diminue forcément la rentabilité nette.
Face à la hausse de la fiscalité pour les biens non occupés à l’année, certains investisseurs privilégient désormais les secteurs non classés en zone tendue, là où la majoration n’est pas appliquée. D’autres préfèrent renoncer, estimant que la pression fiscale locale rend l’investissement trop risqué. Désormais, chaque projet d’acquisition sur le bassin d’Arcachon ou le littoral exige une réflexion approfondie, entre plaisir, valorisation et poids des taxes.
Experts locaux et solutions personnalisées : bien s’entourer pour optimiser son achat en Gironde
La fiscalité, mouvante et complexe, requiert une vraie vigilance pour les propriétaires de résidences secondaires en Gironde. Les règles peuvent changer d’un conseil municipal à l’autre, et il existe des possibilités de dégrèvement ou d’exonération selon la situation. Mieux vaut donc s’y préparer dès le départ : acheter sans accompagnement revient à naviguer à vue.
Pour éviter les mauvaises surprises, il est judicieux de consulter un conseiller en gestion de patrimoine local et de se renseigner auprès du service des impôts de la commune visée. Certains cabinets spécialisés proposent même une analyse sur-mesure qui inclut plusieurs points clés :
- la cartographie actualisée des communes qui appliquent la surtaxe sur la taxe d’habitation résidences secondaires
- les cas de dégrèvement en fonction du mode d’occupation ou de situations particulières
- une étude précise de la rentabilité nette après impôts et contributions locales
Le contexte local offre parfois des marges de négociation : certaines villes accordent une exonération temporaire lors de gros travaux ou en cas de vacance involontaire, d’autres font varier le taux selon la démographie ou les finances communales. Les arbitrages politiques, influencés par la santé du marché immobilier et les besoins de financement, rendent chaque projet singulier. Pour l’acheteur, s’entourer des bonnes ressources transforme le casse-tête fiscal en stratégie maîtrisée.
Sur la côte girondine comme dans l’arrière-pays, la carte des surtaxes se redessine chaque année. Pour qui sait lire entre les lignes, la Gironde reste un terrain de jeu aux multiples facettes, où vigilance et anticipation font toute la différence.


