Une lettre de menace n’a jamais remboursé une dette. Pourtant, quand des sociétés comme la SAS Huissiers Réunis multiplient relances et intimidations, la ligne rouge entre droit et abus se brouille dangereusement. Faut-il tout accepter sous prétexte de devoir de l’argent ? Face à ces méthodes, la peur d’envenimer sa situation ou d’attirer des représailles pousse nombre de personnes à baisser les bras. Mais renoncer à agir, c’est laisser s’installer l’inacceptable.
La frontière entre relance légitime et harcèlement reste floue pour beaucoup. Face à ces agissements, des recours existent, impliquant aussi bien des professionnels du droit que des structures associatives.
Harcèlement ou simple recouvrement : comprendre vos droits face à la SAS Huissiers Réunis
La SAS Huissiers Réunis réunit des commissaires de justice spécialisés dans le recouvrement de dettes. Sur le papier, leur mission est encadrée : relancer, notifier, agir au nom du créancier. Mais dans la réalité, il arrive que des limites soient franchies. Quand les appels deviennent quotidiens, que les courriers menaçants s’empilent et que la pression s’immisce jusque dans la vie privée, il ne s’agit plus d’une simple relance. Le Code des procédures civiles d’exécution impose pourtant des règles strictes, dictées par la déontologie et le respect de la dignité du débiteur. Tout manquement peut entraîner des poursuites, tant pénales que disciplinaires.Voici les points à connaître pour distinguer recouvrement régulier et pratiques contestables :
- Le recouvrement amiable ne peut en aucun cas générer de frais à payer par le débiteur (article L111-8 CPCE).
- Sans titre exécutoire, autrement dit, sans décision de justice, aucune saisie ni menace d’exécution forcée n’a de valeur légale.
- Il est interdit à un représentant de société de recouvrement d’entrer chez vous sans votre accord ou une autorisation judiciaire.
Le harcèlement par huissier se manifeste par des appels répétés, des visites non sollicitées, ou une pression constante et anxiogène. Ces pratiques tombent sous le coup de l’article 222-16 du Code pénal. Chacun dispose du droit d’exiger la preuve de la créance, de demander le mandat de l’huissier, d’opposer la prescription ou la forclusion si la dette est trop ancienne, ou encore de solliciter un échéancier raisonnable.Quand la SAS Huissiers Réunis outrepasse ses droits, plusieurs recours existent : saisir le juge de l’exécution, déposer une plainte pénale, ou alerter la Chambre régionale des commissaires de justice. Le respect de la vie privée, le droit à l’information et la préservation de l’intégrité psychologique du débiteur ne sont pas négociables, indépendamment du montant ou de l’ancienneté de la dette.
Quand et comment solliciter un avocat ou une association pour faire cesser les abus
Quand les courriers, SMS, mails ou appels de la SAS Huissiers Réunis se multiplient au point de vous empêcher de dormir, il ne s’agit plus d’un simple désagrément. Dès que la pression prend le pas sur la recherche d’un accord, il est temps de consulter un avocat ou de se tourner vers une association d’aide aux victimes. Le harcèlement, même dissimulé derrière un recouvrement, reste un délit puni par la loi (article 222-16 du Code pénal).
Pour agir efficacement, il est indispensable de réunir des éléments concrets. Voici comment constituer un dossier solide :
- Enregistrez chaque appel, archivez tous les mails reçus, conservez les enveloppes et notez précisément les dates et horaires d’éventuelles visites à domicile.
- Un avocat pourra vérifier que la créance est bien fondée, s’assurer du respect des procédures, rédiger les courriers nécessaires ou constituer avec vous un dossier à présenter au juge de l’exécution.
- En cas de plainte pénale pour harcèlement, il est possible de saisir le commissariat, la gendarmerie ou d’écrire directement au procureur de la République.
Une association telle que CRESUS, UFC-Que Choisir ou ADIL propose un accompagnement, peut orienter vers un psychologue si le stress psychologique devient trop lourd, et informe sur les démarches adaptées. Les recours possibles sont multiples :
- Saisine de la Chambre régionale des commissaires de justice pour une procédure disciplinaire
- Signalement à la DGCCRF pour dénoncer des méthodes commerciales abusives
En cas de moyens financiers limités, l’aide juridictionnelle permet de bénéficier d’une défense adaptée. Un médiateur peut parfois intervenir pour tenter une résolution amiable, mais il ne faut jamais céder à la pression sans avoir vérifié la légalité des démarches. Chaque action doit s’appuyer sur des preuves, une analyse rigoureuse du dossier et une vigilance constante pour garantir le respect de vos droits.
Rester seul face à la pression n’est jamais la seule issue. Faire valoir ses droits, c’est choisir de ne plus subir, et parfois, c’est là que le rapport de force commence à s’inverser.


