Enfin des mesures du gouvernement en faveur des start-up !

Un incubateur Green Tech pour supporter les champions de l’économie verte

Pour faire de la France l’un des leaders mondiaux dans les domaines de l’innovation technologique et des réseaux intelligents, ce mardi 9 février, Ségolène Royal, la ministre de l’écologie, et Emmanuel Macron, le ministre de l’économie, ont lancé «GreenTech». Il s’agit d’une initiative en faveur de l’entrepreneuriat dans l’écologie.

La démarche consiste a appuyer énergiquement la montée en puissance des nouvelles filières pour la transition énergétique par l’ouverture d’un incubateur de start-up au sein du ministère de l’écologie qui appuiera jusqu’à 50 projets de jeunes entreprises dans 8 secteurs stratégiques. L’objectif affiché par le gouvernement est de donner de l’élan au développement de nouveaux services et de trouver de nouvelles applications du numérique dans les domaines des énergies renouvelables, l’économie circulaire, les économies d’énergies, la biodiversité, le bâtiment, le transport, les risques liés aux catastrophes naturelles, la santé et l’environnement.

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Le ministère de l’Écologie prévoit par ailleurs d’organiser plusieurs concours afin d’encourager les étudiants à créer leurs start-up dans ces domaines d’avenir. Les lauréats intégreront ensuite l’incubateur Green tech et bénéficieront d’un fond de préamorçage, jusqu’à 150 000 euros.

Des mesures en faveurs des particuliers investisseurs

En parallèle, ce 3 février le gouvernement a décidé de se pencher sur l’avenir financier de toutes les start-up en annonçant toute une série de mesures pour inciter davantage les Business Angels à investir dans ces « jeunes pousses » avec la création prochaine d’ un “compte entrepreneur” à destination des chefs d’entreprises et des cadres supérieurs qui ont un certain patrimoine et qui sont en mesure d’investir entre 5 000 et 500 000 euros par an. Concrètement, ce nouveau dispositif simplifiera les modalités d’investissement dans le capital des start-up et permettra aux entrepreneurs-investisseurs de réinvestir leur pécule ou le bénéfice de la vente de leurs sociétés dans des start-up tout en bénéficiant d’une fiscalité très avantageuse. Ce dispositif est bienvenue, quand on sait que la France compte environ 4 000 Business Angels, contre 40 000 au Royaume-Uni et 400 000 aux Etats-Unis (sources : France Angels).

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Un positionnement pas clair : le double jeu du gouvernement ?

Malgré ces mesures incitatives en faveurs des start-up, on est en droit de se poser la question quant au double discours du gouvernement concernant les start-up. En effet, l’état promet sans cesse de soutenir les entreprises du numériques français mais paradoxalement cède en priorité à ceux qui pratiquent le chantage et la violence. Je parle de cette prise de position ambigüe du gouvernement face aux start-up, qui est cristallisée par le conflit entre les taxis et les start-up de la mobilité, que sont le géant américain, Uber, et son challenger français, Heetch. Malgré une volonté apparente de favoriser l’innovation, le gouvernement reste muet face à une filière taxi qui peine à se renouveler. Face au chantage, fini les beaux discours sur la nécessité de moderniser l’industrie française.

On est donc en droit de se demander que se passera-t-il demain si à l’instar des taxis, les hôteliers se sentant menacés, se mettent à pratiquer le chantage et la violence. Est-ce que le gouvernement prendra le partie des hôtels ou des start-up du l’hébergement dont le leader est AirBnB ? Est-ce que le gouvernement tout en finançant les projets procédera à l’asphyxie volontaire de nos start-up au non du status quo ? L’innovation est disruptive, c’est-à-dire que les startups créent de nouveaux marchés et de nouvelles chaines de valeur mais inévitablement, cela détruit également un marché existant. C’est le principe de la création destructrice. Il semblerait que le gouvernement ne soit pas tout à fait au claire avec cette vision qui est une réalité économique des start-ups.