Si vous possédez une bague ou une montre sertie de diamants, il est probable que vous ne savez pas exactement d’où provient cette pierre précieuse. Peut-être d’Afrique du sud, car c’est le premier producteur de diamants au monde. Cependant, Anvers reste la ville où se déroulent la plupart des transactions de diamants taillés individuels. Zoom sur cette ville à l’histoire séculaire.

Comment Anvers est devenue un pilier du diamant ?
Le rôle d’Anvers dans la saga du diamant ne date pas d’hier. Dès la fin du XVe siècle, la cité belge s’impose comme une place forte du commerce, profitant de son port dynamique et de négociants habiles. Dès 1498, on y marchandait déjà le diamant blanc, concentrant l’attention de l’Europe aristocratique et des acteurs du secteur.
Quelques décennies plus tard, près de 40 % du commerce mondial de ces pierres transitait déjà par ses quais. Même les conflits n’auront pas raison de la ténacité locale : en 1595, lors de l’assaut du Duc de Farnèse, les réseaux commerciaux résistent et s’ajustent, notamment grâce à leurs liens avec Lisbonne. Jusque dans les années 1930, la communauté juive rythme le négoce. La Seconde Guerre mondiale vient briser cet équilibre, bouleversant durablement l’activité, mais jamais totalement la détermination de la ville.
Un article de presse en revient sur ce destin hors norme : Anvers reste la capitale mondiale du Diamant.
Anvers et ses bourses, temples du commerce du diamant
Aujourd’hui, Anvers partage les sommets du marché du diamant avec des places comme New York, Londres ou Bombay. La ville abrite plusieurs bourses réputées, véritables citadelles où la confiance, le contrôle strict et la sélection sont la règle. À titre d’exemple, 70 % des pierres taillées échangées à travers le monde font escale par ici, tout comme plus de 80 % du diamant brut.
Ce secteur bat son plein autour de quatre bourses réservées aux professionnels, où les niveaux de filtrage sont remarquablement exigeants. Personne ne franchit ces portes sans s’être plié à des vérifications rigoureuses, une façon d’assurer que la chaîne de transaction reste aussi pure que les pierres qu’elle fait circuler.
L’expertise anversoise : tradition, vigilance et innovation
Pourquoi tant d’acheteurs et de négociants privilégient-ils Anvers ? On peut avancer un mot : exigence. Depuis 1973, le Haut Conseil du Diamant, référence mondiale, certifie chaque pierre grâce à des laboratoires d’analyse sophistiqués. Impossible ici de faire passer une imitation pour une gemme véritable. Autour des tables lumineuses du quartier diamantaire, des experts venus de tous les continents s’affrontent bon train, équipés de loupes et d’années d’expérience.
- De grands joailliers venus en quête de l’exception.
- Des acheteurs indépendants à la recherche de la bonne affaire.
- Des intermédiaires spécialisés dans le transit de lots rares.
Pour illustrer la diversité des professionnels réunis à Anvers, voici quelques acteurs que l’on croise régulièrement dans ce milieu :
Au-delà des chiffres et des goulets d’étranglement du négoce mondial, le quartier du diamant à Anvers incarne une tradition qui refuse de s’éteindre. Ici, chaque pierre porte la trace d’un savoir-faire obstiné, transmis, renouvelé, parfois chamboulé mais jamais abandonné. Le plus fascinant, c’est que les salles feutrées de la ville bruissent encore de tractations, d’expertises et de paris sur l’avenir, preuve que le diamant, à Anvers, n’a pas cessé de briller ni de surprendre.

