Comment le massage cardiaque et le défibrillateur sauvent-ils des vies ?

Défibril

Tout le monde peut recourir au massage cardiaque et à l’utilisation d’un défibrillateur pour tenter de réanimer une victime en arrêt cardiorespiratoire. Le massage cardiaque fait circuler le sang et la ventilation artificielle (bouche à bouche ou bouche à nez), sert à oxygéner celui-ci pour le transporter vers les organes (dont le cerveau). Quant au défibrillateur, il s’avère particulièrement utile pour relancer les pulsations du cœur en lui envoyant un choc électrique, calibré par l’appareil. Saviez-vous que l’arrêt cardiorespiratoire est responsable de plus décès dans le monde, chaque année, que le cancer du poumon, le sida et l’AVC (accident vasculaire cérébral) tous réunis ? On en compte 350 000 victimes par an en Europe dont 50 000 pour la  France seulement.

Une formation destinée à tous

Un arrêt cardiorespiratoire peut se produire n’importe où : à la maison, au travail, dans un milieu de sport ou de loisir ; il peut concerner autant un nourrisson, un adolescent qu’un adulte, jeune ou âgé.  Les manœuvres de réanimation doivent être effectuées quand la personne est inconsciente, qu’elle ne respire pas ni ne réagit à la parole ou au toucher ; c’est ce qu’on appelle « l’état de mort apparente ». Malheureusement, encore trop de gens demeurent convaincus que ces gestes ne peuvent être posés que par le personnel paramédical et les médecins. Pour contrer cette perception erronée, des organismes tels que la Croix-Rouge et la Croix de Malte proposent des formations en réanimation cardiorespiratoire aux adultes de tous âges ainsi qu’aux jeunes adolescents. En 2015, la Croix-Rouge de France a lancé une campagne (« Des gestes qui sauvent ») qu’a publicisée Adriana Karembeu ; il s’agissait d’une formation de base d’une heure aux premiers secours, qui est encore dispensée à de petits groupes.  Des organisations et associations privées proposent également des formations courtes (sans attestation ou diplôme officiel) pour transmettre les notions de premiers secours au public.Le but premier de ces formations – payantes ou gratuites – est de permettre aux personnes témoins d’un arrêt cardiorespiratoire de réagir sans crainte et rapidement.  D’abord en appelant les services de secours (le 15 en France et 112 ailleurs en Europe, le 911 au Canada ainsi qu’aux États-Unis) ou en demandant à une personne de le faire, puis en procédant au massage cardiaque et à l’application du défibrillateur, quand il s’en trouve un à proximité.  La ventilation artificielle (bouche à bouche) peut être associée au massage cardiaque ou non ; plusieurs professionnels de la santé considèrent cependant que chez un adulte de plus de 20 ans, elle n’est pas absolument nécessaire.

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La séquence des gestes de réanimation en cas d’arrêt cardiorespiratoire

En premier lieu, appelez les secours et assurez-vous que la victime présente tous les signes de mort apparente.

  • Veillez à ce que la victime soit étendue sur une surface plane et non encombrée.
  • Dénudez son torse et assurez-vous que la peau en est sèche.
  • En vous plaçant à genoux près d’elle, posez une main au centre de sa poitrine puis superposez lui votre autre main, tout en gardant vos bras en position tendue et le dos droit, prenez une inspiration et effectuez la première compression thoracique en appuyant fermement avec vos mains superposées.
  • Faites en sorte de ne pas exercer de pression directement sur les côtes, mais plutôt au milieu du sternum.
  • Sur un adulte ou un enfant âgé de plus de 8 ans, le sternum devrait baisser d’environ 4 à 5 cm. S’il s’agit d’un enfant plus jeune, une baisse 3 à 4 cm sera suffisante. Par contre, dans le cas du nourrisson (moins d’un an), la compression au centre de la poitrine ne s’effectue qu’avec le majeur et l’index ensemble, et le thorax ne doit descendre que d’un tiers ou de la moitié de son épaisseur globale. Attendez que le thorax reprenne sa position initiale avant d’effectuer la prochaine compression. Le rythme de compressions thoraciques recommandé est de 100 à 110 par minute.

Par la suite, pour doubler les chances de survie de la victime, l’utilisation d’un défibrillateur automatique est recommandée.

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Cas particulier : quand la victime est une femme enceinte, il est important de hausser un peu son flanc ou encore sa fesse droite (avec, par exemple, une serviette ou un vêtement replié) pour assurer un retour veineux plus efficace.

Comprendre la ventilation artificielle

Généralement connue sous la méthode du « bouche à bouche », la ventilation artificielle se résume à faire entrer de l’air dans les poumons de la personne en arrêt cardiorespiratoire. En voici la procédure :

  • Étendez la personne sur le sol
  • Penchez doucement sa tête vers l’arrière, en soulevant son menton
  • La bouche devrait s’entrouvrir naturellement
  • Sans excès, prenez une inspiration et soufflez de l’air graduellement (pendant environ 2 secondes) dans la bouche de la victime, en la recouvrant entièrement de la vôtre
  • Sa poitrine devrait se soulever légèrement à chaque inspiration. Il est essentiel de laisser le thorax revenir à la normale avant de faire la prochaine insufflation.

Le rythme de 10-12 insufflations/minute convient à une victime adulte ou à un enfant de plus de 8 ans. Pour un bébé, il est préférable de poursuivre les insufflations jusqu’à 20 par minute mais plus en douceur (vous pouvez également recouvrir à la fois sa bouche et son nez).

Comment fonctionne le défibrillateur

On trouve de plus en plus de défibrillateurs automatisés dans les lieux publics, les centres de conditionnement physique, les grandes résidences pour personnes âgées et autres. Aussi, si vous vous trouvez en présence d’une victime d’un arrêt cardiorespiratoire, vérifiez si un de ces appareils (boîte rouge et blanc) se trouve à proximité.  Se servir de cet appareil est simple, car il a été prévu pour être utilisé même par des gens qui en ignorent le fonctionnement. Tout ce que vous avez à faire consiste à presser le bouton qui actionne le dispositif (indiqué par une flèche) et à dégager les deux électrodes; vous entendrez alors un message vocal dont vous n’aurez qu’à suivre les indications par étapes. C’est l’appareil qui analyse si la victime a besoin ou non de recevoir un choc électrique au cœur (défibrillation) ; dans l’affirmative, le choc sera dosé et envoyé automatiquement.

  • Veillez à ce que l’espace qui l’entoure soit bien sécuritaire et dégagé
  • Dénudez son torse (la peau doit être tout à fait sèche)
  • Le message vocal vous indiquera comment placer les deux électrodes contenues dans la boîte de l’appareil : un se place sous l’aisselle gauche et l’autre du côté droit de la poitrine (un peu plus bas que la clavicule)
  • Éloignez-vous de la personne lorsque le choc électrique est envoyé
  • Si, après un certain délai, la victime ne reprend pas conscience, le défibrillateur vous préviendra (message vocal) qu’il faut poursuivre la technique de réanimation.

Pour les personnes intéressées à recevoir une formation plus complète en secourisme, la Croix-Rouge dispense un cours d’une dizaine heures, qui inclue non seulement la réanimation cardiorespiratoire,  mais aussi plusieurs autres techniques de premiers soins.