Aucune station hydrogène n’existe aujourd’hui dans plus de la moitié des départements français. Pourtant, plusieurs constructeurs automobiles maintiennent leurs investissements dans cette technologie, malgré un coût de production encore supérieur à celui de l’électrique à batterie.
La France prévoit d’atteindre 400 stations d’ici 2030, loin derrière l’Allemagne qui en compte déjà plus de 100. Les premiers modèles de voitures grand public à hydrogène affichent une autonomie supérieure à 600 kilomètres, mais leur prix de vente dépasse systématiquement 60 000 euros. En 2025, de nouveaux véhicules promettent de réduire cet écart.
L’hydrogène sur la route : promesses et limites d’un carburant d’avenir
Trois minutes pour refaire le plein et avaler jusqu’à 600 kilomètres sans pause : la voiture hydrogène aligne des arguments que l’électrique sur batterie peine encore à égaler. Sur le papier, le tableau a tout pour séduire les gestionnaires de flottes et les professionnels du transport, constamment à la recherche de solutions efficaces et propres. Ici, pas de moteur vrombissant, mais une pile à combustible qui transforme l’hydrogène en électricité, le tout sans la moindre émission directe de CO2, seulement un peu de vapeur d’eau qui s’échappe discrètement à l’arrière.
Mais la réalité se rappelle vite à l’ordre. L’Hexagone ne compte que quelques stations de ravitaillement hydrogène. Sortir des grands axes, c’est risquer la panne sèche. Et côté production, le tableau s’assombrit : près de 95 % de l’hydrogène mondial sort toujours des usines de gaz naturel, entraînant des émissions de gaz à effet de serre difficiles à ignorer. L’hydrogène « vert », issu d’électrolyse alimentée par des énergies renouvelables, reste rare, et son coût le rend inaccessible au plus grand nombre.
Voici un rappel sans détour des obstacles qui freinent son adoption à grande échelle :
- Un réseau d’infrastructures balbutiant, concentré dans les zones urbaines et industrielles
- Un prix du kilo d’hydrogène nettement supérieur à l’électricité
- Une production encore largement dépendante des énergies fossiles
Les défenseurs de la transition énergétique scrutent chaque avancée, guettant le décollage de la filière. Pour l’heure, la mobilité propre à l’hydrogène reste une promesse, portée par un secteur industriel sous pression et des ambitions environnementales qui exigent de passer à la vitesse supérieure.
Quels véhicules à hydrogène en 2025 ? Modèles, prix et disponibilité
Oubliez les prototypes réservés aux salons. Dès 2025, le marché français verra débarquer plusieurs modèles disponibles à la commande. La Toyota Mirai fait figure de pionnière, avec ses 650 kilomètres d’autonomie et un positionnement haut de gamme qui flirte avec les 70 000 euros. Ce n’est pas un véhicule pour la majorité, mais il trace la voie. Hyundai propose le Nexo, un SUV qui promet jusqu’à 666 kilomètres sans escale, mais demande un chèque d’au moins 80 000 euros.
Les marques allemandes avancent aussi, mais prudemment. BMW mise sur le iX5 Hydrogen en série limitée, principalement destiné aux entreprises. Les constructeurs français, quant à eux, misent sur l’utilitaire : Renault avec son Kangoo E-Tech Hydrogen, Peugeot avec l’Expert Hydrogen. Pour les métiers de la logistique urbaine, la recharge express est un atout de poids.
Petit tour d’horizon des principaux modèles annoncés pour 2025 :
- Toyota Mirai : berline, 650 km d’autonomie, environ 70 000 €
- Hyundai Nexo : SUV, 666 km d’autonomie, dès 80 000 €
- BMW iX5 Hydrogen : SUV, lancement en série limitée
- Renault Kangoo E-Tech Hydrogen : utilitaire, autonomie 370 km
- Peugeot Expert Hydrogen : utilitaire, autonomie 400 km
La disponibilité dépendra directement de l’extension du réseau de stations de ravitaillement hydrogène. Pour le grand public, l’offre reste marginale et hors de portée pour la plupart des budgets. Du côté des entreprises, c’est dans les métropoles, les pôles industriels ou les hubs logistiques que la transition s’opère timidement. L’adoption de ces véhicules s’inscrit dans une démarche de diversification, entre contraintes écologiques et réalités économiques.
Le marché de l’hydrogène en France et en Europe : où en est-on face aux autres alternatives écologiques ?
En France et en Europe, le marché de l’hydrogène avance, mais difficilement. Les ambitions politiques sont là, les investissements publics soutiennent la recherche, mais la comparaison avec la voiture électrique reste sans appel. Moins d’une centaine de stations de ravitaillement hydrogène contre plus de 100 000 bornes pour l’électrique : l’écart est flagrant. L’hydrogène, aujourd’hui, occupe surtout des niches : flottes captives, logistique, transport lourd. Pour le grand public, l’électrique classique garde une nette longueur d’avance.
La production d’hydrogène renouvelable devient l’enjeu central. L’Union européenne pousse à la création d’un écosystème dédié, visant une autonomie industrielle et climatique. L’Allemagne, leader du secteur, multiplie les projets. En France, on compte sur les aides publiques pour activer la pompe. Mais plusieurs obstacles subsistent :
- En France : moins de 100 stations de ravitaillement hydrogène
- En Europe : développement inégal, leadership de l’Allemagne et des pays nordiques
- Voitures électriques : plus d’1,3 million de véhicules en circulation en France en 2023
La filière hydrogène se structure, mais reste très minoritaire face à la généralisation de l’électrique sur batterie. Les rapports de force sont clairs, et l’avenir du véhicule hydrogène dépendra de la capacité du secteur à sortir du statut de solution de niche.
Questions fréquentes sur les voitures à hydrogène : fabricants, performances, environnement et perspectives
Qui construit aujourd’hui des voitures à hydrogène ? Le marché se limite à une poignée d’acteurs. Toyota persiste, Hyundai mise sur le Nexo, BMW expérimente à petite échelle. Les français Renault et Peugeot privilégient pour l’instant l’utilitaire et la logistique plutôt que la berline familiale.
Côté chiffres, l’autonomie oscille entre 500 et 650 kilomètres selon les modèles et le type de conduite. Pour faire le plein, comptez cinq minutes à peine : un argument de poids face aux longues heures de recharge des voitures électriques classiques. Mais la rareté des stations, moins de cent à travers la France, limite sérieusement la liberté de mouvement. Quant au prix des voitures à hydrogène, il reste élevé : autour de 65 000 euros pour une Toyota Mirai neuve.
Sur le plan environnemental, la voiture à hydrogène n’émet pas de CO2 sur route, mais sa production reste largement adossée aux énergies fossiles. Le passage à l’hydrogène vert se fait attendre, et la généralisation dépendra de la réduction des coûts de production, de l’expansion rapide du réseau de stations et de l’orientation réglementaire en faveur de la transition énergétique. Pour l’instant, l’hydrogène joue les outsiders, prêt à s’imposer si la filière parvient à tenir ses promesses.
Les paris sont ouverts : la route est sinueuse, mais l’hydrogène a encore quelques atouts à révéler. Reste à savoir si, demain, il s’invitera vraiment dans le quotidien des automobilistes ou s’il restera réservé aux pionniers et aux flottes professionnelles.


